MARTINE CHEVALLIER
Mise en scène Anne Delbée 1995 - 1996 (Comédie Française).
Martine CHEVALLIER est Phèdre
Eric GENOVESE est Hippolyte
Vidéo : Quelques extraits. Les costumes de Christian Lacroix.
"Phèdre"
JT A2 DERNIERE - 26/11/1995 - 01min06s
"Phèdre" vu par Pamela Harriman
SOIR 3 - 04/12/1995 - 02min12s
"Phèdre"
SOIR 3 - 09/12/1995 - 02min29s
Jean-Louis Barrault à propos de la mise en scène de Phèdre
PLEIN FEUX - 14/11/1959 - 04min58s
JT 1 : A la Comédie Française "Phèdre" de Jean Racine est interprétée dans une mise en scène de Anne DELBEE avec des costumes du couturier Christian LACROIX. - Interview de Christian LACROIX donnant ses impressions sur le spectacle "J'ai entendu une Phèdre du XVIIème". - Les costumes des comédiens dans l'atelier des costumes. - Martine CHEVALLIER interprète de Phèdre - Interview d' Anne DELBEE, metteur en scène "On pleure et on est éperdu d'amour". - Bref extrait avec scène de lamentations.
JT 2 : Présentation de "Phèdre", tragédie classique mise en scène par Anne DELBÉE à la Comédie Française, et réaction de Pamela HARRIMAN (ambassadrice des Etats-Unis en France), notamment sur les costumes conçus par Christian LACROIX. - L'interview de Pamela HARRIMAN est entrecoupée d'extraits de la pièce.
JT 3 : Le couturier Christian LACROIX a créé les costumes de "Phèdre", jouée actuellement à la Comédie Française. Les comédiens donnent leurs impressions. - Extrait de la pièce avec les personnages principaux : Phèdre en grande robe rouge. - Interview d'Eric GENOVESE (Hippolyte), sur les costumes "pratiques et fomidables". - Interview de Céline SAMIE (Aricie), dans une robe noire à baleines dans laquelle il lui est difficile de se mouvoir. - Interview d'Anne DELBEE, metteur en scène, sur Christian LACROIX : "C'est un artiste qui rêve parallèlement à moi". - Interview de Martine CHEVALLIER (Phèdre) sur sa robe rouge. - Interview de François BEAULIEU (Thésée) : "La chaleur des costumes fait des miracles". - Autres extraits de la pièce.
Jean-Louis Barrault parle de sa conception de la mise en scène du théâtre classique de Racine , en particulier de sa mise en scène de la tragédie "Phèdre", et de sa collaboration avec le décorateur Jean Hugo. Des photos de la pièce illustrent ses propos.
Le texte complet : Jean Racine - PHEDRE
Extrait audio :
JEAN RACINE - PHEDRE - Acte II Scène 5
(...)
HIPPOLYTE
Je vois de votre amour l'effet prodigieux:
Tout mort qu'il est, Thésée est présent à vos yeux;
Toujours de son amour votre âme est embrasée.
PHÈDRE
Oui, prince, je languis, je brûle pour Thésée:
Je l'aime, non point tel que l'ont vu les enfers,
Volage adorateur de mille objets divers,
Qui va du dieu des morts déshonorer la couche;
Mais fidèle, mais fier, et même un peu farouche,
Charmant, jeune, traînant tous les cœurs après soi,
Tel qu'on dépeint nos dieux, ou tel que je vous voi.
Il avait votre port, vos yeux, votre langage;
Cette noble pudeur colorait son visage,
Lorsque de notre Crète il traversa les flots,
Digne sujet des vœux des filles de Minos.
Que faisiez-vous alors? Pourquoi, sans Hippolyte,
Des héros de la Grèce assembla-t-il l'élite?
Pourquoi, trop jeune encor, ne pûtes-vous alors
Entrer dans le vaisseau qui le mit sur nos bords?
Par vous aurait péri le monstre de la Crète,
Malgré tous les détours de sa vaste retraite:
Pour en développer l'embarras incertain,
Ma sœur du fil fatal eût armé votre main.
Mais non: dans ce dessein je l'aurais devancée;
L'amour m'en eût d'abord inspiré la pensée;
C'est moi, prince, c'est moi, dont l'utile secours
Vous eût du labyrinthe enseigné les détours:
Que de soins m'eût coûtés cette tête charmante!
Un fil n'eût point assez rassuré votre amante:
Compagne du péril qu'il vous fallait chercher,
Moi-même devant vous j'aurais voulu marcher;
Et Phèdre au labyrinthe avec vous descendue
Se serait avec vous retrouvée ou perdue.
HIPPOLYTE
Dieux! qu'est-ce que j'entends? Madame, oubliez-vous
Que Thésée est mon père, et qu'il est votre époux?
PHÈDRE
Et sur quoi jugez-vous que j'en perds la mémoire,
Prince? Aurais-je perdu tout le soin de ma gloire?
HIPPOLYTE
Madame, pardonnez; j'avoue, en rougissant,
Que j'accusais à tort un discours innocent.
Ma honte ne peut plus soutenir votre vue;
Et je vais...
PHÈDRE
Ah! cruel! tu m'as trop entendue!
Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur.
Eh bien! connais donc Phèdre et toute sa fureur:
J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime,
Innocente à mes yeux, je m'approuve moi-même,
Ni que du fol amour qui trouble ma raison,
Ma lâche complaisance ait nourri le poison;
Objet infortuné des vengeances célestes,
Je m'abhorre encor plus que tu ne me détestes.
Les dieux m'en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc
Ont allumé le feu fatal à tout mon sang;
Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle
De séduire le cœur d'une faible mortelle.
Toi-même en ton esprit rappelle le passé:
C'est peu de t'avoir fui, cruel, je t'ai chassé;
J'ai voulu te paraître odieuse, inhumaine;
Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine.
De quoi m'ont profité mes inutiles soins?
Tu me haïssais plus, je ne t'aimais pas moins;
Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.
J'ai langui, j'ai séché dans les feux, dans les larmes:
Il suffit de tes yeux pour t'en persuader,
Si tes yeux un moment pouvaient me regarder.
Que dis-je? Cet aveu que je te viens de faire,
Cet aveu si honteux, le crois-tu volontaire?
Tremblante pour un fils que je n'osais trahir,
Je te venais prier de ne le point haïr:
Faibles projets d'un cœur trop plein de ce qu'il aime!
Hélas! je ne t'ai pu parler que de toi-même!
Venge-toi, punis-moi d'un odieux amour:
Digne fils du héros qui t'a donné le jour,
Délivre l'univers d'un monstre qui t'irrite.
La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte!
Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t'échapper;
Voilà mon cœur: c'est là que ta main doit frapper.
Impatient déjà d'expier son offense,
Au-devant de ton bras je le sens qui s'avance.
Frappe: ou si tu le crois indigne de tes coups,
Si ta haine m'envie un supplice si doux,
Ou si d'un sang trop vil ta main serait trempée,
Au défaut de ton bras prete-moi ton épée;
Donne.
ŒNONE
Que faites-vous, madame! Justes dieux!
Mais on vient: évitez des témoins odieux.
Venez, rentrez, fuyez une honte certaine.
Scène 6
Personnages: HIPPOLYTE, THÉRAMÈNE
THÉRAMÈNE
Est-ce Phèdre qui fuit ou plutôt qu'on entraîne?
Pourquoi, seigneur, pourquoi ces marques de douleur.
Je vous vois sans épée, interdit, sans couleur!
HIPPOLYTE
Théramène, fuyons. Ma surprise est extrême.
Je ne puis sans horreur me regarder moi-même.
Phèdre... Mais non, grands dieux! qu'en un profond oubli
Cet horrible secret demeure enseveli!
THÉRAMÈNE
Si vous voulez partir, la voile est préparée






